Module n°14

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Dans cet avant-dernier module, nous abordons les associations de culture. Elles ont fait couler beaucoup d'encre ces dernières années, vendues comme étant une finalité et une obligation dans un potager permacole. Nous parlons également de la rotation des cultures, un principe un peu obsolète lorsque l'on dispose d'un sol vivant et riche, mais qui peut être utile dans certaines situations.

Bonne lecture !

Module n°14 : les associations et rotations de culture

Les associations de cultures dans un potager

Les associations de cultures sont des plantes que l'on fait pousser ensemble pour créer des synergies. Il existe deux grands types d'associations :

Les associations dites allélopathiques

Le principe est d'associer des plantes qui ont une action l'une sur l'autre. On dit par exemple que l'oignon associé à la carotte permettrait d'éloigner certains ravageurs des deux cultures.

Sur le papier, ce genre d'association est très intéressante. En pratique en revanche, il est difficile de prouver leur véracité. En effet, un certain nombre de recherches ont été réalisées dans le domaine, avec de nombreux résultats. Le problème est que ces résultats ont pour l'instant été prouvés en laboratoire, et ne sont pas toujours applicables en réalité. De plus, bien que certaines de ces conclusions aient pu être vérifiées en réalité, elles ne donnent pas forcément les mêmes résultats selon les types de sols, les conditions de cultures, la pression des maladies, etc. La diversité de situations présentes dans la nature est telle qu'il est parfois impossible d'affirmer que telle ou telle association produit un effet, bénéfique ou néfaste.

Les associations gain de place

Le principe est d'associer des plantes au port plus ou moins haut pour maximiser la photosynthèse sur une surface donnée en jouant sur les étages de végétation. Il est aussi possible de maximiser la photosynthèse en cultivant des plantes au cycle court avec des plantes au cycle long.

Néanmoins, ces associations sont parfois difficiles à mettre en place, car elles peuvent demander beaucoup d'organisation en amont. En effet, il est nécessaire de gérer la production de plants pour avoir un bon timing : il ne s'agit pas toujours de jeter un mélange de graine et de récolter une abondance de légumes ! Même si ces mélanges existent comme l'association carotte-laitue-radis.

Prenons l'exemple de la milpa, une association emblématique originaire d'Amérique Centrale consistant à cultiver sur la même surface maïs, courges et haricots. Dans cette association, les haricots se servent du maïs comme tuteur, le couple maïs-haricot fait de l'ombre aux courges et ces dernières couvrent le sol pour empêcher la pousse des adventices.

Malheureusement, semer les trois en même temps ne permet pas de profiter de cette super association : le maïs ne croît pas suffisamment rapidement par rapport aux haricots, qui se retrouvent en manque de tuteurs. Il faut alors semer le maïs et attendre un mois avant de venir semer les haricots pour qu'ils ne gênent pas le maïs. Il faudra aussi, si la parcelle est grande, choisir des maïs à farine, car les maïs doux se récoltent immatures et il est difficile d'accéder à la zone de culture quand les courges couvrent la totalité du sol.

Nous pourrions aussi citer l'association ail/mâche qui permet de récolter de la verdure tout l'hiver pendant que l'ail croît tranquillement. Pour cette association, je conseille de planter des plants de mâche en même temps que l'on plante nos caïeux d'ail. Les plants auront donc dû être préparés quelques semaines en avance, afin d'être dans le bon timing. En effet, si vous semez de la mâche en novembre en extérieur, vous risquez de ne pas récolter grand-chose selon votre climat !

Ce sont des exemples, et comme il n'existe pas de vérité générale autour des associations, ces exemples peuvent néanmoins fonctionner ailleurs que chez nous : dans le sud, on peut certainement semer de la mâche en novembre par exemple !

Ce que nous vous conseillons donc, pour vos associations de cultures, c'est de vous détacher des livres traitant de cela et de les imaginer par vous-même en réfléchissant à la place future que prendra chaque plante lorsqu'elle sera développée. On suivra alors une règle générale : maximiser la photosynthèse !

Une règle générale : maximiser la photosynthèse

Puisque les effets des associations sont imprévisibles et très variables, nous vous conseillerions, pour vos associations, de retenir une règle générale : celle consistant à maximiser la photosynthèse ! On cherchera alors à occuper toute la surface disponible avec des feuilles, situées à différents étages. Reprenons l'exemple de la milpa : en mélangeant ces trois plantes, la totalité de la surface de culture est recouverte par des feuilles : au sol, les courges, en l'air, les haricots et le maïs. La production est donc proche de son maximum !

Dans une association où l'on mettrait du basilic au pied des tomates, le basilic finirait de capter les rayons solaires avant que ceux-ci ne touchent le sol et ne soient « perdus ». Cette maximisation se joue également dans le temps. Par exemple, lorsque vous plantez vos pieds de tomates en mai, pourquoi ne pas réaliser un ou deux cycles de radis avant que vos tomates ne prennent toute la place ? Vous aurez ainsi maximisé l'utilisation des rayons du soleil sur cette surface !

La photosynthèse ?

Les plantes utilisent l'énergie de la lumière pour séparer l'eau (H²O) en oxygène et en hydrogène. L'hydrogène, mélangé au carbone capté dans l'atmosphère, produit des sucres simples et donc de la matière. L'oxygène restant seul est rejeté dans l'atmosphère durant le processus. Les plantes sont alors des filtres capables de nettoyer l'air !

Ainsi, il nous paraît plus pertinent de se diriger vers des associations gain de place, qui semblent plus pragmatique. C'est en partie grâce à ce type d'association que l'on peut produire plusieurs kilos de légumes par mètre carré, et par an !

Quelques associations gain de place

• carotte-poireau

• chou-carotte-radis

• blette-mâche

• courge palissée-laitue

• courgette-maïs

• pois à rames-laitue

• panais-fèves

• laitue-radis

• ail-mâche

• maïs-radis/betterave/carotte/etc

• etc.

Les rotations de cultures

La rotation des cultures est le fait de faire se succéder différentes espèces sur les planches de cultures. L'intérêt est d'ordre sanitaire, mais il touche également à la fertilité des sols.

En cultivant de nombreuses espèces différentes à la suite sur une surface, nous allons permettre aux plantes de puiser différents minéraux et d'injecter différents types de racines dans le sol.

Cette situation sera alors bénéfique au sol et aux cultures, et cela se comprend ! Imaginez cultiver une seule plante nécessitant énormément de potassium au même endroit chaque année. Après quelques dizaines d'années, les exportations de potassium hors du sol auraient été très importantes, créant une sorte de déséquilibre dans le sol.

Néanmoins, en disposant du paillage tous les ans sur votre sol (et en cultivant régulièrement des couverts végétaux), vous allez constamment l'enrichir d'éléments nutritifs. Ainsi, cet aspect rotation pour maintenir la fertilité apparaît un peu dépassé. Attention tout de même à ne pas pousser ce principe à l'extrême : essayez tout de même de faire tourner un minimum les espèces sur votre terrain, mais ne perdez pas des semaines entières à réaliser le plan de rotation idéal : cultiver des betteraves deux ou trois années d'affilée au même endroit ne vas pas détruire votre sol à jamais.

L'aspect sanitaire des rotations des cultures est tout de même intéressant. Si vous êtes régulièrement sujets aux maladies et aux ravageurs dans votre potager, sachez qu'il est intéressant de faire tourner vos cultures dans votre potager. En effet, certains ravageurs vont par exemple attaquer vos cultures, puis s'enterrer dans le sol et attendre patiemment le printemps. Si vous cultivez deux années d'affilée au même endroit le même légume, le ravageur sera bien avantagé lorsqu'il sortira de terre : il n'aura même pas à se fatiguer à se déplacer : la culture sera à nouveau présente, au même endroit ! Pensez-y, donc.

Ne pas respecter une rotation des cultures est cependant possible pour les potagers dans lesquels nous injectons de la matière organique régulièrement. Si vous n'avez pas de sources de matière organique et que vous ne mettez jamais de compost, de paillage ou autre, il sera plus important de respecter une bonne rotation des cultures de sorte à ne pas épuiser le sol.

Retour d'expérience

Je ne réfléchis pas aux rotations des cultures, j'essaie simplement de cultiver une sorte de fouillis organisé : un bon mélange des espèces sur mes planches permet de faire varier suffisamment les familles de légumes. On se rappelle généralement grossièrement des familles de plantes qui étaient présentes l'an passé sur nos planches. On essaie alors de changer un peu, sans forcément faire quelque chose de parfaitement différent : à mon humble avis, cela suffit amplement...

Alors, comment abordez-vous les associations et rotations de cultures ? Nous sommes curieux de connaître votre avis et vos impressions !

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